Les limites planétaires sont un concept scientifique qui identifie les seuils écologiques critiques pour neuf processus environnementaux essentiels.
Source : Stockolm Resilience Center
Le franchissement de ces limites augmente le risque de provoquer des changements environnementaux brusques ou irréversibles à grande échelle. Ces changements radicaux ne se produiront pas nécessairement du jour au lendemain, mais ensemble, les frontières marquent un seuil critique d’augmentation des risques pour les écosystèmes et les populations.
Chaque secteur du diagramme montre un des processus environnementaux, avec une indication des niveaux de perturbation actuels et des seuils sécuritaires définis par les scientifiques.
VoIci en VIDEO (6′) un format d’immersion 3D pour (presque) tout comprendre de ce que l’on appelle les “limites planétaires”: cliquer sur Cette fois, la météorite, c’est nous !
D’où vient ce concept ? Quelles sont ces neuf limites ? Comment les a-t-on définies ? Et le fait que nous en ayons déjà dépassé six, prédit-il un effondrement inéluctable pour l’humanité ? Pour y voir clair avec de la nuance, c’est par ici :
Déclic – Le Tournant (47 ‘) – Par Arnaud Ruyssen (RTBF -La Première) – Publié le 17/04/24

Dans sept domaines, les activités humaines dépassent ce que la planète peut supporter sous peine de provoquer des changements environnementaux soudains ou irréversibles, affectant l’habitabilité de la Terre, la production alimentaire et la santé humaine.
Les limites sont des processus interdépendants au sein du système biophysique complexe de la Terre. Cela signifie qu’il ne suffit pas de se concentrer sur le changement climatique pour améliorer la soutenabilité. Au contraire, il est essentiel de comprendre l’interaction entre les frontières, en particulier le climat, et la perte de biodiversité.
Source: https://www.stockholmresilience.org/research/planetary-boundaries.html
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Changements climatiques
Le problème du CO2 dans l’atmosphère était déjà connu de EXXON en 1968 et de TOTAL en 1971. C’est le même Exxon qui plus tard prendra la tête d’une campagne internationale pour contester la science climatique. Un des lobbies qu’elle financera affirmera alors que le changement climatique créera « un monde plus doux, plus vert et plus prospère » (puisque les végétaux se nourrissent de CO2).
Cette propagande massive a retardé d’au moins 20 ans la prise de conscience de la réalité des dangers pour l’humanité et le vivant dans son ensemble. Elle a semé le doute dans la population et empêché les gouvernements de prendre des mesures à la hauteur de la situation dès les années 1980. Les mêmes milieux cherchent à présent à freiner des mesures à la hauteur des défis qui se posent.
Plusieurs institutions nous alertent sur l’urgence climatique : la NASA, le FMI, l’AIE, l’ONU, la Banque Mondiale, le Forum Economique mondial (de Davos), ainsi que la CIA, le FBI, le Pentagone, l’OTAN ainsi que le pape François, avec en 2015 son encyclique Laudato si.
La trajectoire actuelle nous mène vers à un réchauffement de près de 3°C par rapport à la période préindustrielle. Sur cette base, d’ici 2100, petit à petit, nos petits-enfants peuvent s’attendre à ce que 26% des vertébrés, 44% des plantes et 49% des insectes risquent l’extinction. Et à ce que les pays du sud connaissent entre 200 et 300 jours par an des températures (et un niveau d’humidité) au-dessus du seuil mortel pour les humains. Attendront-ils 2100 pour émigrer ?
Au cas où nous nous orienterions vers + 4 à + 5°C d’ici 2100, avec une telle augmentation à un rythme aussi rapide, ce serait le chaos, source de migrations massives et de conflits généralisés bien avant 2100. Les démocraties n’y résisteraient pas.
Nouvelles pollutions chimiques
Introduction de « nouvelles entités » perturbatrices dans l’environnement : métaux lourds, composés synthétiques, perturbateurs endocriniens, etc., qui polluent l’environnement au sens large. Une étude de 2022 attestait déjà du dépassement de cette limite.
Perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore
Le phosphore et l’azote sont des éléments essentiels à la vie. Les activités humaines, aujourd’hui, perturbent leurs cycles naturels, ce qui entraîne une cascade de dégâts : anoxie des océans, eutrophisation des eaux douces continentales, prolifération d’algues vertes.
Cycle de l’eau douce
L’eau douce devient de plus en plus rare à cause de la fonte des glaciers, l’imperméabilisation des sols, les sécheresses, la pollution des nappes phréatiques.
L’eau « bleue » est celle qui transite rapidement dans les cours d’eau, les lacs, les nappes phréatiques… vers la mer. Elle représente environ 40% de la masse totale des précipitations, souvent appelées « précipitations efficaces ». Par opposition à des précipitations non-efficaces ? Cette sémantique démontre de l’intérêt pour ce qu’on voit directement, au détriment de ce qui se révèle pourtant le plus important : les 60% du reste des précipitations, qui alimentent « l’eau verte ».
L’eau « verte » est cette eau qui est stockée dans le sol et la biomasse. Elle peut être évaporée par les sols, ou absorbée puis évapotranspirée par les plantes. En termes de flux d’eau douce, c’est l’eau la plus importante. On sait de fait que les plantes gèrent elles-mêmes le cycle de l’eau.
En 2022, la limite a été franchie pour l’eau verte. En 2023, elle est franchie pour l’eau bleue.
Modification de l’usage des sols
C’est la transformation ou la destruction de milieux naturels (ou semi-naturels) comme les forêts et les prairies, en particulier au profit de terres agricoles. Cela fait référence, notamment, à la déforestation. En 2015, plus que 62 % des terres forestières étaient encore boisées. La limite est de 75 %.
Erosion de la biodiversité
“La biodiversité et ses services écosystémiques paraissent pour beaucoup de personnes des questions d’experts, loin de notre vie quotidienne. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Ils sont à la base de notre nourriture, de l’eau et de l’énergie que nous consommons. Ils sont au cœur non seulement de notre survie, mais de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre.
Les meilleures données disponibles rassemblées par les meilleurs experts mondiaux nous conduisent à une conclusion unique : nous devons agir pour arrêter et inverser la tendance à l’utilisation non durable de la nature – au risque non seulement de nous engager vers un futur que nous ne souhaitons pas, mais aussi de compromettre les vies que nous menons actuellement »
(Sir Robert Watson, président de l’IPBES, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, 2019).
Source : https://www.fondationbiodiversite.fr/actualite/sortie-des-rapports-regionaux-ipbes/
Acidification des océans
L’acidification des océans altère et diminue la croissance des squelettes (la calcification) des organismes marins comme le phytoplancton, les mollusques, ou les coraux, ce qui affecte la distribution et la reproduction des espèces. C’est toute la chaîne alimentaire et les écosystèmes marins qui sont impactés. Le phytoplancton est responsable de la production d’environ 45% de l’oxygène de l’atmosphère. Et en tant que premier maillon des réseaux alimentaires, il constitue la base de l’alimentation pour de nombreux organismes marins, de la plus petite créature au plus grand mammifère. De plus, il absorbe une grande quantité de dioxyde de carbone de l’atmosphère, contribuant ainsi à réguler le climat. (Source : les travaux de l’équipe de Johan Rockström).