S’agissant plus particulièrement du climat, les écogestes individuels, essentiels, ne pourront suffire. L’État et les entreprises devront réaliser entre la moitié et les trois quarts du chemin (2).
En utilisant un langage de comptabilité d’entreprise, on pourrait projeter l’image suivante. Nombre des dirigeants politiques se concentrent sur « le compte d’exploitation de la société » (niveau des échanges commerciaux et donc croissance du PIB, réduction des coûts et donc des budgets …) et en même temps ont tendance à ne pas porter assez d’attention au « bilan de la société», c’est-à-dire à notre patrimoine naturel.
Si nous n’abandonnons pas cette vision des priorités de la société, nous continuerons à lui sacrifier notre biosphère et notre capital santé au profit d’intérêts industriels et financiers à court terme, d’emplois insatisfaisants et d’une surconsommation dévastatrice au détriment des générations actuelles et futures.
De nouvelles manières d’habiter la Terre sont à notre portée. Aucune fatalité ne condamne l’humanité à détruire son habitat.
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(2) In : Le Soir du 02/08/19, Carte blanche signée par deux chercheurs en sciences économiques : Olivier Malay (UCL) et Tanguy Ollinger (St-Louis).
La découverte de Galilée a révolutionné la cosmologie et a remis en question les croyances de l’époque et l’autorité de l’Église.
De la même manière, la découverte des limites planétaires remet en cause nos croyances dominantes sur la poursuite indéfinie de la croissance, sur la vanité du mode de vie qui en découle et sur la place de l’humain dans l’univers.
Comme elle l’a fait non sans mal à l’époque, il est temps pour l’humanité de repousser les limites de la connaissance et de l’action, afin de lui permettre de continuer à bénéficier de l’hospitalité de la seule planète habitable et de garantir un avenir durable aux générations futures.